Jusqu’en 2001, j’ai toujours eu une famille très unie et cru en l’amour de mes parents. Mais un soir comme les autres, alors que j’étais au téléphone avec une amie, j’ai entendu des pleurs. Étrange puisque c’était ceux d’un homme. Mon père.
Ce fut la première fois que je voyais mon père pleurer. Il n’avait jamais été très expressif. En le questionnant, j’ai fini par comprendre entre ses sanglots qu’il venait d’annoncer à ma mère qu’il la quittait. Fachée, troublée, peinée… Ma mère avait quitté la maison pour ‘aller prendre l’air’. Je crois que c’est à cet instant que j’ai réalisé que pu rien ne serait comme avant.
À 13ans, on croirait que l’enfant n’est plus. Qu’un jeune adulte est en formation dans un corps d’adolescent. Mais ce n’est pas le cas quand un événement bouleversant arrive dans ta vie. Les emotions enfantines refont surface au pire moment de ta vie, celui où tout n’est que question, tout est un cas de culpabilité. Et si j’aurais fait ainsi?! Et si on n’aurais dit cela?!
J’ai probablement dû assister à la pire chose qu’une personne jeune ou vieille peut voir dans sa vie. Une tentative de suicide. Ma mère. La peine et la douleur. L’appel au 911. La panique. La confusion. Des étrangers en ce moment perturbant d’une vie.
Le drame n’a pas eu lieu, mais la vision reste toujours et encore.
Avancer dans la vie après tout ça mis ensemble est possible, mais tu ne prends pas le même chemin que tu aurais pris. Ce n’est pas seulement l’amour de tes parents qui est gaché, mais toutes tes valeurs. Et chaque fois que Noël arrive, c’est différent. Deux familles, deux réveillon, deux sapins….
Je crois que ma soeur et moi n’avons plus la même vision de l’amour. Le ‘pour toujours’ n’a plus la même signification. Mais parfois, les bons jours, on se dit que nous on va faire mieux que nos parents….. Le rêve de l’enfance, encore…